Page:Michelet - OC, Histoire de la Révolution française, t. 5.djvu/444

Cette page a été validée par deux contributeurs.


arrivé. Mais fallait-il un message ? Dumouriez entendait fort bien que le feu avait cessé. S’il eût été, comme il le dit, maître de Neerwinde et vainqueur à droite, il aurait pu se porter au secours de cette gauche dont les feux éteints ne s’entendaient plus. Mais il n’avait pas Neerwinde. Il fut trop heureux de trouver Miranda pour rejeter sur lui la perte de la bataille. Elle était perdue à gauche, mais n’était point gagnée à droite.

Miranda, que Dumouriez accuse « d’avoir perdu l’esprit », couvrit vaillamment la retraite, et, le 22, à Pellenberg, soutint tout un jour l’effort d’un ennemi énormément supérieur.

Dumouriez, dans cette retraite, rencontra Danton qui venait lui demander la rétractation de sa lettre. Il ne la rétracta pas ; seulement il écrivit en deux lignes : « Qu’il priait la Convention d’attendre qu’il pût expliquer sa lettre. » Danton repartait à peine que Dumouriez fit un arrangement avec le colonel Mack, envoyé des Autrichiens. Lui-même, sous prétexte d’échanger des prisonniers, l’avait fait venir. On convint que la retraite des Français ne serait point troublée, qu’ils reculeraient à leur aise sans se battre, et qu’ainsi l’Autriche recouvrerait, sans coup férir, tous les Pays-Bas (22 mars).

Il faut l’entendre lui-même exposer sa turpitude. On voit que les Autrichiens ne daignèrent lui donner aucun écrit. Il ne traita qu’avec Mack, et verbalement. De cette façon, il s’engageait et n’engageait pas Cobourg. Les Autrichiens ont avoué (à La Fayette)