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d’autres villes bretonnes se firent le 12 et le 13. Le 13 aussi, le héros populaire de l’insurrection vendéenne, le voiturier Cathelineau, prit les armes et commença le mouvement de l’Anjou.

Les dates présentent ici une signification redoutable.

Le premier essai de la Vendée, l’essai avorté de 1792, avait eu lieu le 24 août, jour de la Saint-Barthélémy, au moment même où l’on sut que les Prussiens avaient mis le pied en France.

La Vendée de 1793 commença le 10 mars. Le 1er, les Autrichiens avaient forcé les lignes françaises, nos troupes reculaient en désordre. Le 10, par toute la France, fut proclamée la réquisition. Partout, l’officier municipal, au nom de la loi, appela les populations, le tambour battit. Qui répondit au tambour ? Le tocsin de la Vendée, la cloche de la Saint-Barthélémy.

Que voulait dire cette cloche ? Que la Vendée, sommée par la France en péril de marcher à la frontière, ne combattrait que la France ;

Que le carême, comme aux Vêpres siciliennes, serait sanctifié par le sang, que Pâques serait fêté par des victimes humaines.

La première période de ce drame sanglant, c’est le carême de 1793, du dimanche 10 à Pâques. Il y eut un entr’acte à Pâques ; beaucoup de paysans rentrèrent un moment chez eux pour faire leurs travaux, pour semer, sarcler.

Ce premier acte n’eut point du tout le caractère