Page:Michelet - OC, Histoire de la Révolution française, t. 5.djvu/335

Cette page a été validée par deux contributeurs.


l’honneur de la France, soit pour mettre en demeure les patriotes italiens d’armer et prendre leur défense, ils plantèrent sur leur voiture le drapeau de la République.

Là, les voies de fait commencent, les pierres et les coups. Le cocher épouvanté met les chevaux au galop, lance la voiture dans la cour d’un banquier français. Le temps manque pour fermer la porte. La foule entre ; un perruquier (c’étaient, nous l’avons dit ailleurs, les valets des grands seigneurs) frappe mortellement Basville d’un coup de rasoir. Il expira le lendemain. Les infâmes, qui le tenaient dans leurs mains, afin de le déshonorer après l’avoir égorgé, ont soutenu que, touché de leur douceur apostolique, il avait démenti les croyances de toute sa vie, et qu’il avait communié des mains de ses assassins.

Le pape se lava les mains du sang de Basville. Que fit-il pour prévenir sa mort ? Que fit-il pour la punir ? Le gouvernement pontifical se garda bien de trouver le perruquier que tout le monde connaissait et montrait.

Quoi qu’il en soit, il ne se lavera pas devant l’histoire de la mort de Louis XVI. C’est lui, on peut le prouver, qui, de degré en degré, l’affermissant dans ses résistances, lui en faisant un devoir, l’a mené jusqu’à la mort.

Il ne se lavera pas du sang des cinq cent mille hommes qu’a coûtés la guerre de l’Ouest. Dès le 29 mars 1790, il avait dénoncé au roi que s’il