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CHAPITRE II

LA COALITION. — MEURTRE DE BASVILLE (13 JANVIER 1793).


Vues égoïstes de la coalition. — Pitt avait refusé d’intervenir en faveur de Louis XVI. — Pitt fut servi par la fortune plus que par sa prévoyance. — Domination de l’Angleterre à Naples par les favoris de la reine. — Acton et Emma Hamilton. — Étouffement cruel de l’Italie, spécialement sous le gouvernement romain. — Maury et Madame Adélaïde à Rome. — Naples forcée de reconnaître la République. — Basville envoyé à Rome. — Il est assassiné, 13 janvier 1793. — Le pape avait perdu Louis XVI. — Son influence préparait la guerre de Bretagne et de Vendée. — Héroïsme de la Bretagne républicaine. — Les Anglais attendaient le progrès de l’anarchie. — Espoir que donnent aux Anglais les pillages de Paris. — Dumouriez fait croire que l’Anglais veut traiter avec lui. — Vues contraires de Dumouriez et des Girondins. — La Gironde veut la guerre universelle. — La guerre est déclarée à l’Angleterre, 1er février 1793.


La moralité de la coalition peut être jugée sans phrases ; quelques faits y suffiront.

La France, au dire des puissances, ayant tué la morale, supprimé le droit, elles se trouvèrent bien à l’aise. Sans qu’il fût nécessaire d’attendre beaucoup, dans le courant même de l’année 1793, elles se montrèrent parfaitement affranchies de tous les scrupules qui, en d’autres temps, leur auraient fait ménager l’opinion.

Malheur aux faibles ! nous rentrons dans le plus