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paisibles, généralement peu nombreuses, de cent ou deux cents personnes, cinq cents au plus, et pour une grande circonstance. Les émissaires jacobins ne remuaient pas si aisément qu’on l’a dit ce peuple de travailleurs. Je vois (au 5 novembre) l’homme de Robespierre, Hermant, qui a peine à animer, pour l’élection du maire, la section de Popincourt.

Les Jacobins et la Commune n’embauchaient guère dans le faubourg, mais dans une population non parisienne, les fédérés nouveaux venus. Ceux du 10 août étaient partis ; la plupart, gens établis et pères de famille, quels que fussent leur enthousiasme républicain et leur désir de protéger l’Assemblée, ils ne purent rester. Les sociétés jacobines des départements en envoyèrent d’autres, ou fanatiques ou affamés, avides d’exploiter l’hospitalité parisienne. Les ministres, Roland, ses collègues, fort effrayés de ces bandes, se gardaient bien de les fixer ici en leur rendant la vie facile. Ils espéraient que la famine qui les avait amenés pourrait les remmener aussi. Les Jacobins y suppléaient. Ils les logeaient, les hébergeaient, les endoctrinaient, homme à homme, les tenaient prêts à agir. La Commune les favorisait également, les encourageait. Elle les employait comme siens ; elle les promenait armés, de quartier en quartier, pour imprimer la terreur.

Les Jacobins d’accord avec la Commune ! toute nuance effacée entre les violents ! les uns et les autres ayant sous la main une force armée très