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CHAPITRE X

LE PROCÈS. — DÉFENSE DU ROI. — ROBESPIERRE ET VERGNIAUD
(DÉCEMBRE 1792).


Les Polonais demandent secours, 30 décembre. — Accord des rois contre la Pologne. — La Révolution eût dû être le jugement général des rois. — Défense du roi, 26 décembre. — Le roi se croit innocent. — Le roi se croit toujours roi. — Il ne pouvait avoir nul autre juge que la Convention. — La Convention ne sait pas si elle juge ou si elle prononce par mesure de sûreté. — Elle devait déclarer qu’elle jugeait, et pour le droit seul, non pour la sûreté et l’intérêt public. — Les deux partis attestèrent l’intérêt public plus que la justice. — Robespierre établit que la Convention doit juger, 27 décembre. — Il soutient, au nom de la Montagne, le droit des minorités. — Sombre prophétie de Vergniaud sur les malheurs qui seront la suite de la mort du roi, 30 décembre.


Le 30 décembre, un Polonais, membre de la diète, vint apporter à la Convention la plainte de la Pologne. Jamais il n’y eut un peuple plus indignement trahi, plus honteusement vendu. Jamais on ne vit mieux et dans une plus pleine lumière que des rois aux nations il n’y a ni morale ni règle de droit. La royauté, en créant des êtres hors de la nature, les place aussi en même temps hors de la moralité. Le mot terrible de Saint-Just : De peuple à roi, nul rap-