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III. — Je n’ai aucun rapport avec les puissances étrangères, je ne leur ai adressé aucune protestation (déclaration du 26 juin 1791). Les Mémoires d’un homme d’État (I, 103) nous donnent textuellement la protestation qu’il avait adressée à la Prusse, le 3 décembre 1790, et témoignent qu’il en avait adressé de semblables à l’Espagne et aux autres puissances. Mallet du Pan fut spécialement envoyé, en 1791, aux princes allemands, et chargé d’expliquer de vive voix ce qu’on ne voulait pas écrire.

Le jour même où le roi accepta solennellement la constitution et reçut en quelque sorte l’amnistie nationale, nous l’avons vu rentrer pleurant de colère, humilié du nouveau cérémonial, et, dans cet accès, écrire immédiatement, ab irato, à l’Empereur (Mme Campan, II, 169). Le témoignage assez léger de la femme de chambre devient grave quand il s’agit de cette scène intérieure, si frappante et si pathétique, dont elle fut le témoin avec plusieurs autres personnes.


IV. — S’il nia toute relation avec les puissances, à plus forte raison nie-t-il avoir appelé leurs armées. Cependant MM. de Bouillé, dans leurs justifications, adressées aux royalistes, ont été obligés de dire nettement ce qui en était, avec leur franchise militaire. Le père s’en explique déjà dès 1797. Le fils (Mém., 1823, page 41) parle plus clairement encore ; envoyé pour préparer le voyage de Varennes, il exigea un écrit du roi et de la reine. « La reine