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fers… Voyez déjà la Belgique ; vos ennemis y sont triomphants, menaçants, ils parlent de Vêpres siciliennes. Vos amis y sont abattus ; ils sont venus ici, timides et tremblants, n’osant même avouer leurs principes ; ils vous tendaient les mains, disaient : « Nous abandonnerez-vous ? »

« Non, ce n’est pas de la sorte que la France doit agir. Quand les généraux entrent dans un pays, ils doivent assembler le peuple, lui faire nommer des juges, des administrateurs provisoires, une autorité nouvelle, et l’ancienne, la mettre à néant… Voulez-vous que vos ennemis restent à la tête des affaires ?… Il faut que les sans-culottes participent partout à l’administration. (Tonnerre d’applaudissements.)

« Nos généraux doivent donner sûreté aux personnes, aux propriétés. Mais celles de l’État, celles des princes, de leurs fauteurs et satellites, celles des communautés laïques et ecclésiastiques, ils doivent les saisir (c’est le gage des frais de la guerre), les tenir, non par leurs mains, mais par celles des administrateurs que nommera le peuple affranchi.

« Ils doivent supprimer toute servitude, tout privilège, les droits féodaux, les dîmes, tous les anciens impôts. S’il faut des contributions, ce n’est point à vos généraux à les établir ; c’est aux administrations provisoires, à vos commissaires, qu’il appartient de les lever, et sur les riches seulement ; l’indigent ne doit rien payer. Nous ne sommes pas des gens du fisc ; nous ne venons pas pour vexer le peuple.

« Rassurez-les, ces peuples envahis ; donnez-leur