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La Gironde sourit pour se rassurer. Elle affecta de ne voir que le jeune homme et l’écolier. Brissot, dans le Patriote, alla jusqu’à le louer. « Parmi des idées exagérées, qui décèlent la jeunesse de l’orateur », il trouve dans ce discours « des détails lumineux, un talent qui peut honorer la France ».

Jeune ou non, exagéré ou non, il avait eu cette puissance de donner le ton pour tout le procès. Il détermina le diapason ; on continua de chanter au ton de Saint-Just. On osa à peine dire un mot de modération. Le premier orateur, Fauchet, ne trouve, pour sauver le roi, que cette raison pitoyable, ridiculement hypocrite : « Que ses crimes sont si grands que la mort serait trop douce ; il faut le condamner… à vivre. »