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furent bien surpris, lorsque la chose leur fut expliquée par les commissaires civils en mission, MM. Gensonné et Gallois, en juillet et août 1791. Ces pauvres gens n’étaient nullement sourds à la voix de la raison. Ils furent tout heureux d’entendre les commissaires leur répéter les instructions de l’Assemblée : « La loi ne veut nullement tyranniser les consciences ; chacun est le maître d’entendre la messe qui lui convient, d’aller au prêtre qui a sa confiance. Tous sont égaux devant la loi ; elle ne leur impose d’autre obligation que de supporter mutuellement la différence de leurs opinions religieuses et de vivre en paix. » Ces paroles attendrirent la foule honnête et confiante ; ils avouèrent avec repentir les infractions à la loi qu’ils pouvaient se reprocher, promirent de respecter le prêtre autorisé par l’État et quittèrent les commissaires civils « l’âme remplie de paix et de bonheur », se félicitant de les avoir vus.

Hélas ! ce peuple excellent ne demandait que des lumières. Ce sera un reproche éternel au clergé de l’avoir barbarement environné de ténèbres, de lui avoir donné pour une question religieuse une question extérieure au dogme, toute de discipline et de politique, d’avoir torturé ces pauvres âmes crédules, endurci, dépravé par la haine une des meilleures populations, de l’avoir rendue meurtrière et barbare !

Et c’est un reproche pour l’Assemblée constituante de n’avoir pas su qu’un système de législation est toujours impuissant, si l’on ne place à côté