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dispensait d’examiner, de sanctionner, de refuser : plus de refus, plus de collision. Les choses se seraient décidées par le fait, selon que chaque parti dominait dans telle ou telle province. Ici on eut appliqué les décisions du 4 août, comme décrétées par l’Assemblée. Là on les aurait éludées, comme non sanctionnées par le roi.

Le 15, on vota par acclamation l’inviolabilité royale, l’hérédité, comme pour rendre le roi favorable. On n’en reçut pas moins de lui une réponse équivoque, dilatoire, relativement au 4 août. Il ne sanctionnait rien, il dissertait, blâmait ceci, goûtait cela, n’admettait presque aucun article qu’avec modification. Le tout dans le style de Necker, empreint de sa gaucherie, de sa tergiversation, de ses moyens termes. La cour, qui préparait tout autre chose, crut apparemment occuper le tapis par cette réponse sans réponse. L’Assemblée s’agita fort. Chapelier, Mirabeau, Robespierre, Pétion, d’autres ordinairement moins ardents, affirmèrent qu’en demandant la sanction pour ces articles constitutifs, l’Assemblée n’attendait qu’une promulgation pure et simple. Grands débats… Et de là une motion inattendue, mais fort sage de Volney : « Cette Assemblée est trop divergente d’intérêts, de passions… Fixons les conditions nouvelles de l’élection et retirons-nous. » — Applaudissements, mais rien de plus. Mirabeau objecte que l’Assemblée a juré de ne point se séparer avant d’avoir fait la constitution.

Le 21, le roi, pressé de promulguer, sortit des