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la convocation des districts, et dans ces assemblées de poser ces questions : 1° Paris croit-il que le roi ait droit d’empêcher ? 2° Paris confirme-t-il, révoque-t-il ses députés ? 3° Si l’on nomme des députés, auront-ils un mandat spécial pour refuser le veto ? 4° Si l’on confirme les anciens, ne peut-on obtenir de l’Assemblée qu’elle ajourne la discussion ?

La mesure proposée, éminemment révolutionnaire, illégale (inconstitutionnelle, s’il y eût eu constitution), répondait cependant si profondément au besoin du moment qu’elle fut quelques jours après reproduite, pour sa partie principale, la dissolution de l’Assemblée, dans l’Assemblée elle-même, par un de ses membres les plus éminents.

Loustalot et la députation du Palais-Royal furent très mal reçus, leur proposition repoussée à l’Hôtel de Ville, et le lendemain accusée dans l’Assemblée. Une lettre de menaces qu’avait reçue le président, sous le nom de Saint-Huruge (qui pourtant la soutint fausse), acheva d’irriter les esprits. On fit arrêter Saint-Huruge, et la garde nationale profita d’un moment de tumulte pour fermer le café de Foy. Les réunions du Palais-Royal furent défendues, dissipées par l’autorité municipale.

Ce qui est piquant, c’est que l’exécuteur de ces mesures, M. de La Fayette, à cette époque et toujours, était républicain de cœur. Toute sa vie il rêva la république et servit la royauté. Une royauté démocratique ou démocratie royale lui apparaissait comme une transition nécessaire. Pour en reve-