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sition nette et formulée : 1° Les biens ecclésiastiques appartiennent à la nation ; 2° la dîme est supprimée (nulle mention de rachat) ; 3° les titulaires sont pensionnés ; 4° les honoraires des évêques et curés seront fixés par les assemblées provinciales.

Un autre noble, Alexandre de Lameth, appuya la proposition par des réflexions étendues sur la matière et le droit des fondations, droit déjà si bien examiné par Turgot, dès 1750, dans l’Encyclopédie. « La société, dit Lameth, peut toujours supprimer tout institut nuisible. » Il concluait à donner les biens ecclésiastiques en gage aux créanciers de l’État.

Tout ceci attaqué par Grégoire, par Lanjuinais. Les jansénistes, persécutés par le Clergé, ne l’en défendirent pas moins.

Chose remarquable, qui montre que le privilège tient fort, plus que la robe de Nessus, qu’on ne pouvait arracher qu’en s’arrachant la chair même ! Les plus grands esprits de l’Assemblée, Sieyès et Mirabeau, absents la nuit du 4 août, en déploraient les résultats. Sieyès était prêtre, et Mirabeau noble. Mirabeau eût voulu défendre la Noblesse, le roi, faisant bon marché du Clergé. Sieyès défendit le Clergé sacrifié par la Noblesse[1].

Il dit que la dîme était une vraie propriété. Et comment ? Comme ayant été d’abord un don volontaire, une donation valable. — À quoi l’on pouvait répondre, aux termes du droit, qu’une donation est

  1. Il essaye de s’en justifier, dans la Notice sur sa vie, et n’y parvient pas.