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de générosité. L’évêque de Chartres, homme d’esprit, qui parla ensuite, trouva moyen d’être généreux aux dépens de la Noblesse. Il sacrifiait les droits de chasse, très importants pour les nobles, minimes pour le Clergé.

Les nobles ne reculèrent pas ; ils demandèrent à consommer cette renonciation. Elle coûtait à plusieurs. Le duc du Châtelet dit en souriant à ses voisins : « L’évêque nous ôte la chasse ; je vais lui ôter ses dîmes. » Et il proposa que les dîmes en nature fussent converties en redevances pécuniaires, rachetables à volonté.

Le Clergé laissa tomber cette dangereuse parole et suivit sa tactique de mettre en avant la Noblesse ; l’archevêque d’Aix parla fortement contre la féodalité, demandant que l’on défendît à l’avenir toute convention féodale.

« Je voudrais avoir une terre, disait l’évêque d’Uzès, il me serait doux de la remettre entre les mains des laboureurs. Mais nous ne sommes que dépositaires… »

Les évêques de Nîmes et de Montpellier ne donnèrent rien, mais demandèrent que les artisans et manœuvres fussent exempts de charges et d’impôts.

Les pauvres ecclésiastiques furent seuls généreux. Des curés déclarèrent que leur conscience ne leur permettait pas d’avoir plus d’un bénéfice. D’autres dirent : « Nous offrons notre casuel… » Duport objecta qu’alors il faudrait y suppléer. L’Assemblée fut émue et refusa de prendre ce denier de la veuve.