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teaux. Arme et maître, il détruisit les chartes où il voyait un instrument d’oppression. Malheur au seigneur haï ! On ne s’en prenait pas seulement à ses parchemins, mais à sa personne même.

3° Les villes, dont l’armement avait entraîné celui des campagnes, furent contraintes de les réprimer. Les gardes nationales, qui alors n’avaient rien d’aristocratique, puisqu’elles comprenaient tout le monde, marchèrent pour rétablir l’ordre ; elles allèrent secourir ces châteaux qu’elles détestaient. Elles ramenaient souvent à la ville les paysans prisonniers, mais on les relâchait bientôt[1].

Je parle des paysans domiciliés du voisinage. Quant aux bandes de gens sans aveu, de pillards, aux brigands, comme on disait, les tribunaux, les municipalités même, en firent souvent de cruelles justices ; un grand nombre furent mis à mort. La sécurité fut rétablie à la longue, et la culture assurée. Si, les désordres continuant, la culture avait cessé, la France mourait l’année suivante.

Étrange situation d’une assemblée qui discute, calcule, pèse les syllabes au sommet de ce monde en feu. Deux dangers : à droite, à gauche. Pour réprimer le désordre, elle n’a, ce semble, qu’un moyen : relever l’ordre ancien, qui n’est qu’un désordre pire.

On suppose communément qu’elle fut impatiente

  1. Tout ceci est fort embrouillé par les historiens, selon leurs passions. J’ai consulté les vieillards, spécialement mes illustres et vénérables amis, MM. Béranger et de Lamennais.