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qu’on étend un peu depuis. Mais une collection d’amateur, des curiosités détachées ne remplacent nullement les grands dépôts officiels où tout se suit, où l’on trouve et les faits et leur liaison, où souvent un événement représenté vingt, trente, quarante fois, en ses versions différentes, peut être étudié, jugé et contrôlé. C’est ce que nous permettent les trois grands corps d’archives révolutionnaires de Paris.

Il s’est persuadé, ce semble, que la fréquence des critiques en suppléait la profondeur. Il n’est aucun exemple dans l’histoire littéraire d’une attaque si persévérante, de page en page, pendant tant de volumes. Je suis l’homme, après Robespierre, qui l’a certainement le plus occupé. J’ai eu ce don de ne point le lasser. J’admire les grandes passions. La sienne est véritablement intarissable, infatigable. Elle revient sans cesse, à propos, sans propos, sur les faits, sur le sens des faits, les moindres misères, enfin tout.

Il dit parfois des choses un peu bien fortes, par exemple, « que j’ai oublié tous les devoirs de l’historien ». Parfois il me loue (c’est le pis) ; quelque part il me trouve un pénétrant génie » ; mais avec ce génie j’ai si peu pénétré qu’à chacun des grands jours de la Révolution, j’ai