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CHAPITRE III

LA FRANCE ARMÉE


Embarras de l’Assemblée. — Elle invite à la confiance, 23 juillet. — Défiance du peuple, craintes de Paris, alarmes des provinces. — Complot de Brest ; la Cour compromise par l’ambassadeur d’Angleterre, 27 juillet. — Fureur des nobles et anoblis ; menaces et complots. — Terreur des campagnes. — Le paysan prend les armes contre les brigands ; il brûle les chartes féodales, incendie plusieurs châteaux. (Juillet-août 1789.)


Les vampires de l’Ancien-Régime, dont la vie avait fait tant de mal à la France, en firent encore plus par leur mort.

Ces gens que Mirabeau nommait si bien « le rebut du mépris public », sont comme réhabilités par le supplice. La potence est pour eux l’apothéose. Les voilà devenus d’intéressantes victimes, les martyrs de la monarchie ; leur légende ira s’augmentant de fictions pathétiques. M. Burke va tout à l’heure les canoniser et prier sur leur tombeau.

Les violences de Paris, celles dont les provinces furent en même temps le théâtre, placèrent l’Assemblée nationale dans une situation difficile dont elle ne pouvait bien sortir.