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Il faut prendre largement le grand cours révolutionnaire, dans ses deux manifestations utiles et légitimes, et de croisade et de police, les Girondins, les Jacobins.

J’ai tâché de le faire. J’ai marqué fortement les torts des Girondins, leur tort d’avoir toujours repoussé la Montagne en Danton et Cambon, leur tort d’avoir, malgré leur pureté, subi l’impur mélange des tourbes royalistes qui, se glissant chez eux dans les départements, entravaient la Révolution.

Je n’ai point contesté les services immenses que rendit l’institution jacobine. J’ai même, mieux que personne, marqué et nuancé ses trois âges si différents. Je n’ai point méconnu le terrible labeur, la grande volonté de Robespierre, sa vie si sérieuse. Là je le trouve intéressant.

Cela même est mon crime. Je crois que Louis Blanc m’aurait mieux pardonné toute ma politique contraire, mes attaques à son dieu, que mon regard minutieux, l’observation exacte du saint des saints, le tort d’avoir vu de si près, décrit la petite chapelle, le féminin cénacle de Marthe, Marie, Madeleine, l’habit, le port, la voix, les lunettes, les tics de ce nouveau Jésus.

Une chose nous sépare bien plus qu’il ne