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députés, les Bretons surtout. Le club, transporté à Versailles, s’appela le club breton. Revenu à Paris avec l’Assemblée et changeant de caractère, il s’établit aux Jacobins.

Mirabeau n’alla qu’une fois chez Duport ; il appelait Duport, Barnave et Lameth : le Triumgueusat. Sieyès y alla aussi et n’y voulut pas retourner : « C’est une politique de caverne, disait-il ; ils prennent des attentats pour des expédients. » Il les désigne ailleurs plus durement encore : « On peut se les représenter comme une troupe de polissons méchants toujours en action, criant, intriguant, s’agitant au hasard et sans mesure ; puis riant du mal qu’ils avaient fait. On peut leur attribuer la meilleure part dans l’égarement de la Révolution. Heureuse encore la France si les agents subalternes de ces premiers perturbateurs, devenus chefs à leur tour, par un genre d’hérédité ordinaire dans les longues révolutions, avaient renoncé à l’esprit dont ils furent agités si longtemps ! »

Ces subalternes dont parle Sieyès, qui succédèrent à leurs chefs (et qui leur sont bien supérieurs), furent surtout deux hommes, deux forces révolutionnaires, Camille Desmoulins et Danton. Ces deux hommes, le roi du pamphlet, le foudroyant orateur du Palais-Royal, avant d’être celui de la Convention, nous n’en pouvons parler ici. Ils vont nous suivre, au reste, ils ne nous lâcheront pas. La comédie, la tragédie de la Révolution, sont en eux ou dans personne.

Ils laisseront leurs maîtres tout à l’heure faire les