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violentes critiques continuaient. Il triomphait à l’aise, s’étendait à plaisir et se trouva enfin avoir réellement fait un gros livre sur mon livre.

Je ne finis mon Louis XVI qu’à la fin de 1867. C’est en achevant ce volume que je revins à ma Révolution et m’occupai de celle de Louis Blanc. Je l’ouvris fort placidement, tout prêt à profiter de ses critiques, si elles étaient sérieuses[1].

Je connaissais et son talent et son caractère honorable, ses paradoxes aussi, son papisme socialiste et sa tyrannie du travail au nom de la fraternité. Mais je l’avais peu vu sur le terrain de l’histoire. J’avoue que je fus saisi d’étonnement en voyant sa faveur, sa prédilection fantaisiste… pour qui ?… Pour l’intrigant Calonne !… — Calonne, excellent citoyen qui ne ruine la France que pour faire la Révolution, qui ne gorge la « cour que pour les conduire tous en riant au bord d’un abîme si profond qu’ils appelleraient de leurs vœux les nouveautés libératrices. » (II, 159.) Tout cela sans la moindre preuve.

  1. J’en ai profité en effet pour rectifier deux détails, l’un relatif à Danton, l’autre à Durand-Maillane.