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Les électeurs reculaient devant la responsabilité d’autoriser le mouvement. Ils accordèrent seulement la convocation des districts et envoyèrent quelques-uns des leurs « aux postes des citoyens armés, pour les prier, au nom de la patrie, de surseoir aux attroupements et voies de fait ». Elles avaient commencé le soir d’une manière fort sérieuse. Des Gardes-françaises, échappés de leurs casernes, se formèrent au Palais-Royal, marchèrent sur les Allemands et vengèrent leur camarade. Ils tuèrent trois cavaliers sur le boulevard, puis allèrent à la place Louis XV, qu’ils trouvèrent évacuée.

Le lundi 13 juillet, le député Guillotin, puis deux électeurs allèrent à Versailles et supplièrent l’Assemblée « de concourir à établir une garde bourgeoise ». Ils firent un tableau effrayant de la crise de Paris. L’Assemblée vota deux députations, l’une au roi, l’autre à la Ville. Elle ne tira du roi qu’une sèche et ingrate réponse, bien étrange quand le sang coulait : « Qu’il ne pouvait rien changer aux mesures qu’il avait prises, qu’il était seul juge de leur nécessité, que la présence des députés à Paris ne pouvait faire aucun bien… » — L’Assemblée, indignée, arrêta : 1° que M. Necker emportait les regrets de la nation ; 2° qu’elle insistait pour l’éloignement des troupes ; 3° que non seulement les ministres, mais les conseils du roi, de quelque rang qu’ils pussent être, étaient personnellement responsables des malheurs présents ; 4° que nul pouvoir n’avait droit de prononcer l’infâme mot de banqueroute. — L’article 3 désignait assez