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divers de la Révolution, nous concordons en elle, nous rapprochons de l’unité.

1° Les choses ont repris leur véritable perspective, et tous sont revenus à la tradition nationale. Nul de nous aujourd’hui qui ne voie dans la Liberté la question souveraine. La question économique, qui lui fit ombre, est une conséquence, un approfondissement essentiel de la Liberté. Mais celle-ci précède tout, doit couvrir et protéger tout.

La question religieuse paraissait secondaire. Nos avertissements touchaient peu. En vain les Bossuet, les de Maistre, disaient hautement aux nôtres la profonde union des deux autorités. Ils l’ont sue un peu tard. Il leur a bien fallu s’éveiller en voyant le couvent près de la caserne, ces bâtiments jumeaux qui couronnent aujourd’hui les hauteurs des grandes villes, et proclament la coalition.

Point de guerre. Sur cela encore, nous sommes unanimes. Dans le travail immense où la France s’est engagée, elle a bien autre chose à faire. Elle est ravie de voir une Italie, une Allemagne, et les salue du cœur. Un point considérable, c’est que, des deux côtés, les vaillants dédaignent la guerre, sachant que ce n’est