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chose forte et bonne, que tous ces semblants de mort n’étaient nullement la mort, mais la vie tout au contraire, le futur renouvellement… »


Au bout de quinze années, après le grand travail que je dus à l’ancienne France, je rentre en celle-ci, la France de la Révolution. J’y rentre comme en un foyer de famille, délaissé quelque temps. Mais changé ? Nullement. Refroidi ? Point du tout.

Épreuve singulière de se revoir ainsi au bout de tant d’années, de comparer les temps. Qu’étais-je ? et qu’étions-nous (nous France), et qu’est-ce que nous sommes devenus ?

Contenons notre cœur. Quelles que soient nos tristesses, d’un regard net et ferme observons la situation.

La dureté du temps a brisé bien des choses, mais elle a aussi profité. Nous avons compris à la longue ce qu’on démêlait peu en 1848. Toutes les grandes questions se présentaient alors d’ensemble, impatientes, sans égard à leur ordre logique et naturel. Nous nous exagérions les nuances qui nous divisaient. Un grand progrès s’est fait sous ce rapport. Sans nous dédire en rien ni changer de langage, nous tous, enfants