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choses en saillie, presque toujours aime à surprendre, à saisir le lecteur, à lui faire crier : « Ah ! » ; il est heureux si le fait naturel apparaît un miracle. — Tout au contraire l’historien a pour spéciale mission d’expliquer ce qui paraît miracle, de l’entourer des précédents, des circonstances qui l’amènent, de le ramener à la nature. Ici, je dois le dire, j’y ai eu du mérite. En admirant, aimant cette personnalité sublime, j’ai montré à quel point elle était naturelle.

Le sublime n’est point hors nature ; c’est au contraire le point où la nature est le plus elle-même, en sa hauteur, profondeur naturelle. Aux quatorzième et quinzième siècles, dans l’excès des misères, dans ces extrémités terribles, le cœur grandit. La foule est un héros. Il y eut dans ces temps nombre de Jeanne d’Arc, au moins pour l’intrépidité. J’en rencontre beaucoup sur ma route : exemple, ce paysan du quatorzième siècle, le Grand Ferré ; exemple, au quinzième, Jeanne Hachette qui défend et sauve Beauvais. Ces figures de héros naïfs m’apparaissent souvent de profil dans les histoires de nos communes.

J’ai dit tout simplement les choses. Du moment que les Anglais perdirent leur grand soutien, le duc de Bourgogne, ils furent très faibles. Au con-