Page:Michelet - OC, Histoire de France, t. 1.djvu/30

Cette page a été validée par deux contributeurs.


à leur tour s’en vont. Chacun, tout comme nous, ayant reçu un peu l’eau lustrale et les pleurs, descend aux pyramides, aux hypogées, aux catacombes. Hélas ! qu’en revient-il ? Qu’après trois jours (chacun de trois mille ans), un léger souffle en puisse reparaître, je ne le nierai pas. L’âme Indienne n’est pas absente de la terre ; elle y revient par la tendresse qu’elle eut pour toute vie. L’Égypte a eu en ce monde toujours un bel écho dans l’amour de la mort et l’espoir d’immortalité. La fine âme Chrétienne, en ses suavités, ne peut jamais sans doute s’exhaler sans retour. Sa légende a péri, mais ce n’est pas assez. Il lui faut dépouiller la terrible injustice (la Grâce, l’Arbitraire), qui est le nœud, le cœur, le vrai fond de son dogme. C’est dur, mais il lui faut mourir en cela même, accepter franchement sa pénitence, sa purification, et l’expiation de la mort.

Des sages me disaient : « Ce n’est pas sans danger de vivre à ce point-là dans cette intimité de l’autre monde. Tous les morts sont si bons ! Toutes ces figures pacifiées et devenues si douces, ont des puissances étranges de fantastique illusion. Vous allez parmi elles prendre d’étranges rêves et qui sait ? des attachements. Qui vit trop là, en devient