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adopté et maintenu les sacrifices humains. Les prêtres perçaient la victime au-dessus du diaphragme, et tiraient leurs pronostics de la pose dans laquelle elle tombait, des convulsions de ses membres, de l’abondance et de la couleur de son sang ; quelquefois ils la crucifiaient à des poteaux dans l’intérieur des temples, ou faisaient pleuvoir sur elle, jusqu’à la mort, une nuée de flèches et de dards. Souvent aussi on élevait un colosse en osier ou en foin, on le remplissait d’hommes vivants, un prêtre y jetait une torche allumée, et tout disparaissait bientôt dans des flots de fumée et de flamme. Ces horribles offrandes étaient sans doute remplacées souvent par des dons votifs. Ils jetaient des lingots d’or et d’argent dans les lacs, ou les clouaient dans les temples.

Un mot sur la hiérarchie. Elle comprenait trois ordres distincts. L’ordre inférieur était celui des bardes, qui conservaient dans leur mémoire les généalogies des clans, et chantaient sur la rotte les exploits des chefs et les traditions nationales ; puis venait le sacerdoce proprement dit, composé des ovates et des druides. Les ovates étaient chargés de la partie extérieure du culte et de la célébration des sacrifices. Ils étudiaient spécialement les sciences naturelles appliquées à la religion, l’astronomie, la divination, etc. Interprètes des druides, aucun acte civil ou religieux ne pouvait s’accomplir sans leur ministère.

Les druides, ou hommes des chênes[1], étaient le cou-

  1. Derw (kymrique), Deru (armoricain), Dair (gaélique) : chêne.