Page:Michelet - Comme jadis, 1925.djvu/7

Cette page a été validée par deux contributeurs.



COMME JADIS…




HERMINIE DE LAVERNES
À M. GÉRARD DE NOULAINE,


aux bons soins de la Librairie A. Demerre,
Paris, France.



Monsieur,

Je ne peux vous dire assez combien la publication de votre Roman d’antan m’a indignée… Il est des drames intimes, des idylles touchantes que la plus élémentaire pudeur d’âme devrait interdire de jeter en pâture à la curiosité d’un public quelconque. Vous ne l’avez pas senti. Je le déplore pour vous, et je proteste de toutes mes forces contre l’inqualifiable indiscrétion que vous venez de commettre en publiant ce recueil des lettres adressées à Herminie de Lavernes, mon arrière-cousine et la vôtre, — si j’en crois la préface reproduite par nos journaux canadiens. Ces sortes de divulgations sont courantes de nos jours. La presse française a fait fête à votre livre et l’écho de votre succès se prolonge de ce côté-ci de l’Océan. Mon geste démodé vous fera sourire, que m’importe…