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Page:Michelet - Œuvres complètes Vico.djvu/99

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avec ses amis. Toutefois il sut concilier la dignité du sujet avec le respect dû au prince et celui que réclame la vérité. L’ouvrage sortit des presses de Felice Mosca en un superbe volume in-4°, et ce fut aussi le premier livre qui fut imprimé à Naples dans le goût de la typographie hollandaise. Le pape Clément XI, à qui le duc en avait envoyé un exemplaire, qualifia l’ouvrage du nom d’histoire immortelle dans un bref qu’il écrivit au duc pour le remercier. Le même livre concilia à Vico l’estime et l’amitié d’un littérateur très distingué, le signer Gian Vincenzo Gravina, dans l’intimité duquel il vécut toujours.

Pour se disposer à écrire cette vie, Vico fut obligé de lire le traité de Grotius De jure belli et pacis, et il reconnut alors qu’il devait ajouter cet auteur aux trois autres qu’il s’était proposés. Platon fait servir la sagesse vulgaire d’Homère à orner plutôt qu’à fortifier sa philosophie ; Tacite fait de la métaphysique, de la morale, de la politique, à l’occasion des faits, tels qu’ils lui arrivent à travers les temps, épars, confus et sans système. Bacon voit que les sciences humaines et divines ont besoin de pousser plus loin leurs investigations, et que le peu de découvertes qu’elles ont faites doit encore être corrigé ; mais, pour ce qui concerne les lois, il n’embrasse point assez dans ses Canons tout l’ensemble de la cité, toute l’étendue des temps et la généralité des nations. Mais Grotius a réuni dans un système de droit universel toute la philosophie, et appuyé sa théologie sur l’histoire des faits, ou fabuleux ou certains, et sur celle des trois langues hébraïque, grecque et latine, les seules des langues savantes de l’antiquité qui nous aient été transmises