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Page:Michelet - Œuvres complètes Vico.djvu/88

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ruine de Carthage sous les auspices de Scipion, dont les profondes études en philosophie, en éloquence et en poésie sont prouvées par les inimitables comédies qu’il composa de concert avec son ami Lélius, et qu’il fit publier sous le nom de Térence qui, sans doute, y avait mis quelque peu du sien. Sous Auguste s’établit la monarchie romaine, lorsque la langue latine prêtait la dignité de ses formes à la littérature grecque. L’époque la plus brillante pour les Goths, en Italie, fut le règne de Théodoric, dirigé par son ministre, le savant Cassiodore. Sous Charlemagne se releva l’empire romain en Allemagne, lorsque les lettres, entièrement éteintes dans les cours de l’Occident, se ranimèrent avec les Alcuin. Homère fit Alexandre, qui brûlait d’égaler la valeur d’Achille, et Jules César s’enhardit aux grandes entreprises, animé par l’exemple d’Alexandre. Ainsi ces deux grands capitaines, qui ont laissé entre eux la supériorité indécise, sont deux élèves d’un héros d’Homère. Deux cardinaux à la fois grands philosophes et théologiens, et dont l’un fut en outre grand orateur sacré, Ximénès et Richelieu, affermirent le premier la monarchie d’Espagne, l’autre celle de France. Le Turc a établi sa puissance sur les barbares en écoutant un savant moine, l’impie Sergius, qui dicta au stupide Mahomet la loi de cet empire. Tandis que les Grecs se répandaient dans l’Asie et dans toutes les contrées barbares, les Arabes cultivaient la métaphysique, les mathématiques, l’astronomie, la médecine, et avec tout ce savoir, qui n’était cependant pas le produit de la civilisation la plus raffinée, ils élevèrent à la gloire des conquêtes les fiers et sauvages Almanzor. Les Turcs étendirent bientôt sur les Arabes un empire d’où