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Page:Michelet - Œuvres complètes Vico.djvu/86

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qu’il n’a point voulu, ou qu’il a échoué, faute de maître ou de bonne méthode, ou qu’enfin il ne s’est point proposé pour but de ses études de cultiver son âme comme une espèce de divinité.

Le second Discours, prononcé en 1700, porte que nous devons former notre âme à la vertu, selon les vérités contenues dans l’intelligence. Le texte est le suivant : Hostem hosti infensiorem infestioremque, quam stultum sibi, esse neminem. Il nous montre l’univers comme une grande cité, où Dieu condamne les insensés à se déclarer eux-mêmes la guerre en vertu d’une loi ainsi conçue : « Cette loi contient autant de titres tracés par le doigt de Dieu qu’il y a de classes d’êtres. Lisons le titre qui concerne l’homme : Le corps de l’homme sera mortel ; son âme sera immortelle. L’homme naîtra pour la vérité et la vertu, c’està-dire pour moi. L’esprit discernera le vrai d’avec le faux ; les sens ne le séduiront pas ; la raison protégera, dirigera, commandera ; les passions obéiront ; l’homme ne devra l’estime qu’à ses bonnes qualités et le bonheur qu’à ses vertus et à sa constance. Si quelque insensé, par corruption, par négligence ou par légèreté, enfreint cette loi, coupable au premier chef, qu’il se fasse à lui-même une guerre cruelle. » Puis vient la description pathétique de cette guerre intérieure. On voit par là qu’il méditait depuis longtemps la thèse qu’il devait soutenir plus tard sur le droit universel.

Le troisième Discours, prononcé en 1701, sert comme d’appendice aux deux premiers, et a pour texte : « Tout artifice, toute intrigue, doivent être bannis de la république des lettres, si l’on veut acquérir des connais-