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Page:Michelet - Œuvres complètes Vico.djvu/74

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et que l’on avait commencé à étudier les Méditations métaphysiques de ce dernier. Descartes, en effet, était très avide de gloire. D’abord, bâtissant une physique sur un plan semblable à celui d’Épicure, il en fit professer les principes dans une des plus célèbres universités, celle d’Utrecht, et cela par un médecin, de manière à se faire une réputation parmi les professeurs de médecine. Ensuite il traça les quelques premières lignes d’une métaphysique platonicienne, où il s’efforce d’établir deux genres de substances, l’une étendue, l’autre intelligente, soumettant ainsi la matière à un agent supérieur qui ne soit point matériel, tel que le Dieu de Platon. Son intention était d’établir un jour son empire dans les cloîtres où depuis le onzième siècle on avait introduit la métaphysique d’Aristote, bien qu’elle eût servi aux impies sectateurs d’Averroès ; mais comme elle dérivait de celle de Platon, le christianisme la plia facilement au sens religieux de ce dernier, et dirigea les esprits par ses principes comme il les avait dirigés jusqu’au onzième siècle par ceux de Platon.

Vico revint à Naples au moment où la physique de Descartes était prônée avec le plus de chaleur, particulièrement par le signor Gregorio Galo Preso, ardent cartésien qui aimait beaucoup Vico. Cependant la philosophie de Descartes ne présente pas dans ses diverses parties l’unité d’un système. Sa physique demanderait une métaphysique qui n’admît qu’un seul genre de substance, substance corporelle, agissant par nécessité, comme celle d’Épicure agit par hasard. Aussi bien Descartes s’accorde à dire avec Épicure que les formes innombrables et variées des corps n’ont