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Page:Michelet - Œuvres complètes Vico.djvu/65

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science du droit. Aussi dut-il se livrer de nouveau aux recherches métaphysiques ; et les principes d’Aristote qu’il avait puisés dans Suarez ne lui étant d’aucun profit, sans qu’il pût en pénétrer le motif, il se mit à lire Platon, sur sa réputation de prince des philosophes. Fortifié par cette lecture, il comprit alors pourquoi la métaphysique d’Aristote ne lui avait pas plus servi pour appuyer la morale qu’elle n’avait servi à Averroès, dont le commentaire ne rendit les Arabes ni plus humains ni plus policés. Elle conduit en effet à reconnaître un principe physique qui est la matière, d’où se tirent les formes particulières, et assimile Dieu à un potier qui travaille en dehors de lui. Mais Platon ramène à un principe physique, à l’idée éternelle qui tire d’elle-même et crée la matière, et ressemble à un germe qui produit de lui-même l’œuf de la génération. Conformément à cette métaphysique, Platon donne pour base à sa morale l’idéal de la justice, et c’est de là qu’il part pour fonder sa république, sa législation idéales. Aussi, mécontent d’Aristote qui ne lui était d’aucun secours pour l’intelligence de la morale, Vico chercha à se pénétrer des principes de Platon, et dès lors s’éveilla dans son esprit, et presque à son insu, la première conception d’un droit idéal éternel, en vigueur dans la cité universelle, cité renfermée dans la pensée de Dieu, et dans la forme de laquelle sont instituées les cités de tous les temps et de tous les pays. Voilà la république que Platon devait déduire de sa métaphysique ; mais il ne le pouvait pas, ignorant la chute du premier homme.

Les ouvrages philosophiques de Platon, d’Aristote et de Cicéron, dont le but est de diriger l’homme social,