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Page:Michelet - Œuvres complètes Vico.djvu/636

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ont formé deux aristocraties. L’Empire germanique est aussi un système composé d’un grand nombre de cités libres et de princes souverains. La tête de ce corps est l’empereur, et dans ce qui concerne les intérêts communs de l’Empire il se gouverne aristocratiquement. Du reste il n’y a plus en Europe que cinq aristocraties proprement dites : en Italie Venise, Gênes et Lucques, Raguse en Dalmatie, et Nuremberg en Allemagne ; elles n’ont pour la plupart qu’un territoire peu étendu[1].

Notre Europe brille d’une incomparable civilisation ; elle abonde de tous les biens qui composent la félicité de la vie humaine ; on y trouve toutes les jouissances intellectuelles et morales. Ces avantages, nous les devons à la religion. La religion nous fait un devoir de la charité envers tout le genre humain ; elle admet à la seconder dans l’enseignement de ses préceptes sublimes les plus doctes philosophies de l’antiquité païenne ; elle a adopté, elle cultive trois langues, la plus ancienne, la plus délicate et la plus noble, l’hébreu, le grec et le latin. Ainsi, même pour les fins humaines, le christianisme est supérieur à toutes les religions : il unit la sagesse de l’autorité à celle de la raison et, cette dernière, il l’appuie sur la plus saine philosophie et sur l’érudition la plus profonde.

Après avoir observé dans ce livre comment les sociétés recommencent la même carrière, réfléchissons sur les nombreux rapprochements que nous présente cet ouvrage entre l’antiquité et les temps modernes, et nous y trouverons expliquée non plus l’histoire par-

  1. Si nous traversons l’Océan pour passer dans le Nouveau-Monde, nous trouverons que l’Amérique eût parcouru la même carrière sans l’arrivée des Européens, (Vico.)