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Page:Michelet - Œuvres complètes Vico.djvu/537

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CHAPITRE V


OBSERVATIONS PHILOSOPHIQUES DEVANT SERVIR A LA DÉCOUVERTE DU VÉRITABLE HOMÈRE.


1. Rappelons d’abord cet axiome : Les hommes sont portés naturellement à consacrer le souvenir des lois et institutions qui font la base des sociétés auxquelles ils appartiennent. — 2. L’histoire naquit d’abord, ensuite la poésie. En effet, l’histoire est la simple énonciation du vrai, dont la poésie est une imitation exagérée. Castelvetro a aperçu cette vérité, mais cet ingénieux écrivain n’a pas su en profiter pour trouver la véritable origine de la poésie ; c’est qu’il fallait combiner ce principe avec le suivant : — 3. Les poètes ayant certainement précédé les historiens vulgaires, la première histoire dut être la poétique. — 4. Les fables furent à leur origine des récits véritables et d’un caractère sérieux, et muthos, fable, a été défini par vera narratio. Les fables naquirent, pour la plupart, bizarres, et devinrent successivement moins appropriées à leurs sujets primitifs, altérées, invraisemblables, obscures, d’un effet choquant et surprenant, enfin incroyables ;