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Page:Michelet - Œuvres complètes Vico.djvu/50

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connaître quel fut le sort de l’auteur et de l’ouvrage.

La Science nouvelle eut quelque succès en Italie, et la première édition fut épuisée en trois ans. Plusieurs grands personnages, entre autres le pape Clément XII, écrivirent à Vico des lettres flatteuses. Des savants de Venise, qui voulaient réimprimer la Science nouvelle dans cette ville, lui persuadèrent d’écrire lui-même sa Vie pour qu’on l’insérât dans un Recueil des Vies des littérateurs les plus distingués de l’Italie. Mais dans le reste de l’Europe le grand ouvrage de Vico ne produisit aucune sensation. Leclerc, qui avait rendu compte du livre De uno universi juris principio dans la Bibliothèque universelle, ne parla point de la Science nouvelle. Le Journal de Trévoux en fit une simple mention. Le Journal de Leipsick inséra un article calomnieux qui avait été envoyé de Naples.

Employé fréquemment par les vice-rois espagnols ou autrichiens à composer des discours, des vers, des inscriptions pour les occasions solennelles, Vico n’en resta pas moins dans l’indigence où il était né. Il ne suppléait à l’insuffisance des appointements de la chaire de rhétorique qu’il occupait à l’université de Naples qu’en donnant chez lui des leçons de langue latine. Au moment même où il achevait la Science nouvelle, il concourut pour une chaire de droit, et il échoua.

Dans cette position pénible, il faisait toute sa consolation du soin d’élever ses deux filles, qu’il aimait beaucoup, et dont l’aînée réussit dans la poésie italienne. C’était, dit l’éditeur des Opuscules de Vico, auquel un fils du grand homme a transmis ces détails, c’était un spectacle touchant de voir le philosophe