Ouvrir le menu principal

Page:Michelet - Œuvres complètes Vico.djvu/445

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


où les anciens Scythes, où les Américains brillaient de ces vertus de l’âge d’or exaltées par tant d’écrivains. Les victimes humaines sont appelées dans Plaute victimes de Saturne, et c’est sous Saturne que les auteurs placent l’âge d’or du Latium ; tant il est vrai que cet âge fut celui de la douceur, de la bénignité et de la justice ! Rien n’est plus vain, nous devons le conclure de tout ce qui précède, que les fables débitées par les savants sur l’innocence de l’âge d’or chez les païens. Cette innocence n’était autre chose qu’une superstition fanatique qui, frappant les premiers hommes de la crainte des dieux que leur imagination avait créés, leur faisait observer quelque devoir malgré leur brutalité et leur orgueil farouche. Plutarque, choqué de cette superstition, met en problème s’il n’eût pas mieux valu ne croire aucune divinité, que de rendre aux dieux ce culte impie. Mais il a tort d’opposer l’athéisme à cette religion, quelque barbare qu’elle pût être. Sous l’influence de cette religion se sont formées les plus illustres sociétés du monde, l’athéisme n’a rien fondé.

Nous venons de traiter de la morale du premier âge ou morale divine ; nous traiterons plus tard de la morale héroïque.