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Page:Michelet - Œuvres complètes Vico.djvu/411

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cratie. Les Égyptiens avaient rapporté à Hermès toutes les découvertes utiles ; les Athéniens rapportèrent à Solon toutes les institutions démocratiques. — De même, Dracon n’est que l’emblème de la sévérité du gouvernement aristocratique qui avait précédé[1].

2. Ainsi durent être attribués à Romulus toutes les lois relatives à la division des ordres ; à Numa tous les règlements qui concernaient les choses saintes et les cérémonies sacrées ; à Tullus-Hostilius toutes les lois et ordonnances militaires ; à Servius-Tullius le cens, base de toute démocratie[2], et beaucoup d’autres lois, favorables à la liberté populaire ; à Tarquin l’Ancien, tous les signes et emblèmes qui, aux temps les plus brillants de Rome, contribuèrent à la majesté de l’Empire.

3. Ainsi durent être attribuées aux décemvirs, et ajoutées aux Douze Tables un grand nombre de lois que nous prouverons n’avoir été faites qu’à une époque postérieure. Je n’en veux pour exemple que la défense d’imiter le luxe des Grecs dans les funérailles. Défendre

  1. La plupart des lois dont les Athéniens et les Lacédémonicns font honneur à Solon et à Lycurgue leur ont été attribuées à tort, puisqu’elles sont entièrement contraires au principe de leur conduite. Ainsi Solon institue l’aréopage, qui existait dès le temps de la guerre de Troie, et dans lequel Oreste avait été absous du meurtre de sa mère par la voix de Minerve (c’est-à-dire par le partage égal des voix). Cet aréopage, institué par Solon, le fondateur de la démocratie à Athènes, maintient dans toute sa sévérité le gouvernement aristocratique jusqu’au temps de Périclès. Au contraire, on attribue à Lycurgue, au fondateur de la république aristocratique de Sparte, une loi agraire analogue à celle que les Gracques proposèrent à Rome. Mais nous voyons que, lorsque Agis voulut réellement introduire à Sparte un pai’tage égal des terres conforme aux principes de la démocratie, il fut étranglé par ordre des, éphores. (Édition de 1730, page 209.)
  2. L’opinion de Montesquieu et de Vico sur le caractère des institutions de Servius-Tullius a été suivie par Niebuhr. (N. du Trad.)