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Chapitre V. — Du gouvernement de la famille, ou économie dans les âges poétiques. — § I. De la famille composée des parents et des enfants, sans esclaves ni serviteurs. Éducation des âmes, éducation des corps. Les premiers pères furent à la fois les sages, les prêtres et les rois de leur famille. La sévérité du gouvernement de la famille prépara les hommes à obéir au gouvernement civil. Les premiers hommes, fixés sur les hauteurs, près des sources vives, perdirent par une vie plus douce la taille des géants. Communauté de l'eau, du feu, des sépultures. — § II. Des familles, en y comprenant non seulement les parents, mais les serviteurs (famuli). Cette composition des familles fut antérieure à l’existence des cités, et sans elle cette existence était impossible. Les hommes qui étaient restés sauvages se réfugient auprès de ceux qui avaient déjà formé des familles, et deviennent leurs clients ou vassaux. Premiers héros. Origine des asiles, des fiefs, etc. — § III. Corollaires relatifs aux contrats qui se font par le consentement des parties. Les premiers hommes ne pouvaient connaître les engagements de bonne foi. — Chez eux, les seuls contrats étaient ceux de cens territorial ; point de contrats de société, point de mandataires.


Chapitre VI. — De la politique. — § I. Origine des premières républiques, dans la forme la plus rigoureusement aristocratique. Puissance sans bornes des premiers pères de famille sur leurs enfants et sur leurs serviteurs. Ils sont forcés, par la révolte de ces derniers, de s’unir en corps politique. Les rois ne sont d’abord que de simples chefs. Premiers comices. Les serviteurs, investis par les nobles ou héros du domaine bonitaire des champs qu’ils cultivaient, deviennent les premiers plébéiens, et aspirent à conquérir, avec le droit des mariages solennels, tous les privilèges de la cité. — § II. Les sociétés politiques sont nées toutes de certains principes éternels des fiefs. Différence des domaines bonitaire, quiritaire, éminent. Le corps souverain des nobles avait conservé le dernier, qui était, dans l’origine, un droit général sur tous les fonds de la cité. Opposition des nobles et des plébéiens, des sages et du vulgaire, des citoyens et des hôtes ou étrangers. — § III. De l’origine du cens et du trésor public. Le cens était d’abord une redevance territoriale que les plébéiens payaient aux nobles. Plus tard il fut payé au trésor ; cette institution aristocratique devint ainsi le principe de la démocratie. Observations sur l’histoire des domaines. — § IV. De l’origine des comices chez les Romains. Étymologie des mots Curia, Quirites, Curetes. Révolutions que subirent les