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Page:Michelet - Œuvres complètes Vico.djvu/344

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dépens ; ils les enfonçaient, pour ainsi dire, dans un abîme d’usure ; et lorsque ces malheureux n’y pouvaient satisfaire, ils les tenaient enfermés toute leur vie dans leurs prisons particulières, afin de se payer eux-mêmes par leurs travaux et leurs sueurs ; là, ces tyrans les déchiraient à coups de verges comme les plus vils esclaves.


87. Les républiques aristocratiques se décident difficilement à la guerre, de crainte d’aguerrir la multitude des plébéiens.


88. Les gouvernements aristocratiques conservent les richesses dans l’ordre des nobles, parce qu’elles contribuent à la puissance de cet ordre. — C’est ce qui explique la clémence avec laquelle les Romains traitaient les vaincus ; ils se contentaient de leur ôter leurs armes, et leur laissaient la jouissance de leurs biens (dominium bonitarium), sous la condition d’un tribut supportable. — Si l’aristocratie romaine combattit toujours les lois agraires proposées par les Gracques, c’est qu’elle craignait d’enrichir le petit peuple.


89. L’honneur est le plus noble aiguillon de la valeur militaire.


90. Les peuples, chez lesquels les différents ordres se disputent les honneurs pendant la paix, doivent déployer à la guerre une valeur héroïque ; les uns veulent se conserver le privilège des honneurs, les autres mériter de les obtenir. Tel est le principe de l’héroîsme romain depuis l’expulsion des rois jusqu’aux guerres