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Page:Michelet - Œuvres complètes Vico.djvu/340

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désigne l’Ecriture sainte en les appelant patriarches, c’est-à-dire, pères et princes. Ce droit monarchique fut conservé par la loi des Douze Tables dans tous les âges de l’ancienne Rome : Patri familias jus vitœ et necis in liberos esto : le père de famille a sur ses enfants droit de vie et de mort ; principe d’où résulte le suivant, quidquid filius acquirit, patri acquirit : tout ce que le fils acquiert, il l’acquiert à son père.


78. Les familles ne peuvent avoir été nommées d’une manière convenable à leur origine, si l’on n’en fait venir le nom de ces famuli, ou serviteurs des premiers pères de famille.


79. Si les premiers compagnons, ou associés, eurent pour but une société d’utilité, on ne peut les placer antérieurement à ces réfugiés qui, ayant cherché la sûreté près des premiers pères de famille, furent obligés pour vivre de cultiver les champs de ceux qui les avaient reçus. — Tels furent les véritables compagnons des héros, dans lesquels nous trouvons plus tard les plébéiens des cités héroïques, et en dernier lieu les provinces soumises à des peuples souverains.


80. Les hommes s’engagent dans des rapports de bienfaisance, lorsqu’ils espèrent retenir une partie du bienfait, ou en tirer une grande utilité ; tel est le genre du bienfait que l’on doit attendre dans la vie sociale.


81. C’est un caractère des hommes courageux de ne point laisser perdre par négligence ce qu’ils ont acquis par leur courage, mais de ne céder qu’à la nécessité