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Page:Michelet - Œuvres complètes Vico.djvu/337

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les lettres, et d’en faire comme un faisceau pour former chaque parole, fut appelée legere, lire.


66-86. Principes de l’histoire idéale.


66. Les hommes sentent d’abord le nécessaire, puis font attention à l’utile, puis cherchent la commodité ; plus tard aiment le plaisir, s’abandonnent au luxe et viennent enfin à tourmenter leurs richesses[1].


67. Le caractère des peuples est d’abord cruel, ensuite sévère, puis doux et bienveillant, puis ami de la recherche, enfin dissolu.


68. Dans l’histoire du genre humain, nous voyons s’élever d’abord des caractères grossiers et barbares, comme le Polyphème d’Homère ; puis il en vient d’orgueilleux et de magnanimes, tels qu’Achille ; ensuite de justes et de vaillants, des Aristides, des Scipions ; plus tard nous apparaissent avec de nobles images de vertus, et en même temps avec de grands vices, ceux qui, au jugement du vulgaire, obtiennent la véritable gloire, les Césars et les Alexandres ; plus tard des caractères sombres, d’une méchanceté réfléchie, des libères ; enfin des furieux qui s’abandonnent en même temps à une dissolution sans pudeur, comme les Caligulas, les Nérons, les Domitiens.

La dureté des premiers fut nécessaire, afin que l’homme, obéissant à l’homme dans l’état de famille,

  1. Divitias suas trahunt, vexant (Salluste). (Note du Trad.)