Ouvrir le menu principal

Page:Michelet - Œuvres complètes Vico.djvu/300

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


les Chaldéens ont été jusqu’à prétendre qu’ils avaient conservé des observations astronomiques d’environ vingt-huit mille ans. Josèphe a cru à ces observations antédiluviennes, et a prétendu qu’elles avaient été inscrites sur deux colonnes, l’une de marbre, l’autre de brique, qui devaient les préserver du déluge ou de l’embrasement du monde. On peut placer les deux colonnes dans le Musée de la crédulité.

Les Hébreux au contraire, étrangers aux nations païennes, comme l’attestent Josèphe et Lactance, n’en connurent pas moins le nombre exact des années écoulées depuis la création. C’est le calcul de Philon, approuvé par les critiques les plus sévères, et dont celui d’Eusébe ne s’écarte d’ailleurs que de quinze cents ans, différence bien légère en comparaison des altérations monstrueuses qu’ont fait subir à la chronologie les Chaldéens, les Scythes, les Égyptiens et les Chinois. Il faut bien reconnaître que les Hébreux ont été le premier peuple, et qu’ils ont conservé sans altération les monuments de leur histoire depuis le commencement du monde.

Après les Hébreux, nous plaçons les Chaldéens et les Scythes, puis les Phéniciens. Ces derniers doivent précéder les Égyptiens, puisque, selon la tradition, ils leur ont transmis les connaissances astronomiques qu’ils avaient tirées de la Chaldée, et qu’ils leur ont donné en outre les caractères alphabétiques, comme nous devons le démontrer.

Si nous ne donnons aux Égyptiens que la cinquième place dans cette table, nous ne profiterons pas moins de leurs antiquités. Il nous en reste deux grands