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Page:Michelet - Œuvres complètes Vico.djvu/299

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Dans cette dispute des nations sur la question de leur antiquité, une tradition vulgaire veut que les Scythes aient l’avantage sur les Égyptiens. Justin commence l’histoire universelle par placer même avant les Assyriens deux rois puissants, Tanaïs le Scythe, et l’Égyptien Sésostris. D’abord Tanaïs part avec une armée innombrable pour conquérir l’Égypte, ce pays si bien défendu par la nature contre une invasion étrangère. Ensuite Sésostris, avec une armée non moins nombreuse, s’en va subjuguer la Scythie, laquelle n’en reste pas moins inconnue jusqu’à ce qu’elle soit envahie par Darius. Encore à cette dernière époque, qui est celle de la plus haute civilisation des Perses, les Scythes se trouvent-ils si barbares que le roi ne peut répondre à Darius qu’en lui envoyant des signes matériels, sans pouvoir même écrire sa pensée en hiéroglyphes. Les deux conquérants traversent l’Asie avec leurs prodigieuses armées, sans la soumettre ni aux Scythes ni aux Égyptiens. Elle reste si bien indépendante, qu’on y voit s’élever ensuite la première des quatre monarchies les plus célèbres, celle des Assyriens.

La prétention de ces derniers à une haute antiquité est plus spécieuse. En premier lieu, leur pays est situé dans l’intérieur des terres, et nous démontrerons dans ce livre que les peuples habitèrent d’abord les contrées méditerranées, et ensuite les rivages. Ajoutez qu’on regarde généralement les Chaldéens comme les premiers sages du paganisme, en plaçant Zoroastre à leur tête. De la tribu chaldéenne se forma, sous Ninus, la grande nation des Assyriens, et le nom de la première se perdit dans celui de la seconde. Mais