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Page:Michelet - Œuvres complètes Vico.djvu/261

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l’horreur du vide a fait admettre dans les écoles. Dire que le projectile emporte avec lui toute l’impulsion de la main qui l’a lancé, cela me semble tout aussi absurde que de penser que l’air épuisé par la pompe attire l’eau après lui. Déjà une plus saine physique a établi par de mémorables expériences que ces prétendues attractions sont de véritables pressions de l’air, et on soutient comme irrécusable que tout mouvement naît d’une impulsion. Voilà les écueils où viennent se briser ceux qui pensent qu’il y a des corps en repos. Mais celui qui croit que tout se meut d’un mouvement perpétuel, et qu’il n’y a point de repos dans la nature, celui-là, lorsqu’un corps lui parait en repos, ne croit pas sans doute qu’une main lui ait donné impulsion, mais il sait qu’il est en mouvement de quelque autre manière ; qu’il n’est pas en notre puissance de rien mouvoir, mais que Dieu est l’auteur de tout mouvement, qu’il produit tout effort ; or, c’est l’effort qui commence le mouvement ; le mouvement en nous, c’est la détermination. Autres machines, autres déterminations. La machine commune de tous les mouvements est l’air, dont l’impulsion est donnée par la main de Dieu qui agit dans le monde sensible et qui meut toutes choses ; le mouvement propre et différent de chaque chose lui est donné par une machine spéciale. Si tout mouvement a lieu dans l’espace et naît d’une impulsion, nous n’admettrons aucune différence entre le mouvement par lequel l’eau s’élève dans un syphon où elle est indubitablement poussée par l’air, et le mouvement par lequel un projectile est lancé à travers l’air libre. Bien plus, nous ne ferons pas de distinction