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Page:Michelet - Œuvres complètes Vico.djvu/257

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se font par le mouvement, elles commencent d’être par l’effort ; en sorte que la formation des choses est le produit du mouvement, le mouvement de l’effort, et l’effort de Dieu.


§ III — Que tous les mouvements sont composés.


Tout mode d’une chose composée est nécessairement composé ; car si le mode est la chose même dans tel état, et si la chose étendue a des parties, le mode d’une chose étendue n’est que plusieurs choses disposées de telle ou telle manière.

La figure est un mode composé, car elle est formée de trois lignes au moins ; le lieu est un mode composé, car il a au moins trois dimensions ; la situation est un mode composé, car c’est le rapport de plusieurs lieux ; le temps est un mode composé, car ce sont deux lieux dont l’un est en repos et l’autre se meut. C’est ce qu’ont bien reconnu les créateurs de la langue latine, qui emploient indifféremment les particules qui expriment le temps et celles qui expriment le lieu : ibi pour tunc, inde pour postea, usquam, nusquam pour unquam et nunquam, etc. Il en est de même pour le mouvement, car il a pour éléments l’unde, le qua et le quo. En outre, comme tous les mouvements de l’air se font par rayonnement (circumpulsa), ils ne peuvent être simples et directs. Et bien que les corps, soit qu’ils tombent à travers l’atmosphère, soit qu’ils avancent sur la surface de la terre ou de la mer, paraissent décrire une ligne droite, elle n’est pas droite cependant ; car le droit, le même sont des choses métaphysiques.