Ouvrir le menu principal

Page:Michelet - Œuvres complètes Vico.djvu/254

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


prit humain voit l’objet qu’il connaît distinctement, comme on voit la nuit à la lueur d’une lanterne, et en le voyant, il perd de vue tout ce qui l’environne. Ainsi je souffre sans reconnaître aucune forme de douleur ; je ne connais pas la limite du malaise de l’âme ; c’est une connaissance indéfinie, et par conséquent convenable à la nature de l’homme : l’idée de la douleur est pourtant vive et claire autant que rien au monde. Mais cette clarté du vrai métaphysique est semblable à la clarté de la lumière que nous ne voyons que par les corps opaques. Les vérités métaphysiques sont claires, parce qu’elles ne peuvent être renfermées dans aucune limite et distinguées par aucune forme ; les vérités physiques sont les corps opaques qui nous font distinguer la lumière. Cette lumière métaphysique, ou, selon le langage de l’École, ce passage de la virtualité à l’acte, est produite par un véritable effort, c’est-à-dire par une vertu motrice indéfinie, égale pour des mouvements inégaux ; ce qui est le caractère du point, ou vertu indéfinie d’extension, égale pour des étendues inégales.


§ II. — Que les étendus ne font pas effort (extensa non conari).


Les étendus ne semblent avoir aucune puissance d’effort, soit que tout soit plein de corps du même genre qui se font mutuellement résistance avec une force égale, et que dans ce plein absolu aucune vertu motrice ne puisse se produire ; soit que tout soit plein de corps de natures différentes, dont les uns résistent et les autres cèdent, car c’est ici qu’a lieu le véritable