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dans tous leurs points, celle des parallèles obliques à l’horizon qui couperaient une perpendiculaire sans jamais la diviser tout entière, toutes ces démonstrations, en un mot, sont fondées sur cette définition du point : ce qui n’a point de parties. Et toutes ces merveilles ne nous sont pas démontrées par une géométrie qui définisse le point, « une petite parcelle divisible à l’infini, » mais par une géométrie qui suppose l’indivisibilité du point, et part du point ainsi défini pour arriver à ces démonstrations surprenantes. C’est pourquoi Zénon ne trouve dans ces arguments qu’une confirmation de son opinion, bien loin qu’elle en soit ébranlée. Car de même que dans ce monde de formes que l’homme se fait à lui-même et dont l’homme est comme le dieu, ce nom, sujet d’une définition, cette chose imaginaire qui n’a point de parties, se trouve en égale quantité dans des étendues inégales, de même dans le monde véritable, dont Dieu est l’auteur, il y a une vertu indivisible d’extension qui, par cela même qu’elle est indivisible, existe également sous des étendues inégales. Ces vertus sont indéfinies, et, puisqu’elles sont indéfinies, il ne peut être question pour elles de quantité ; on n’y peut concevoir pluralité ou minorité ; elles ne souffrent pas le plus ni le moins.

Les démonstrations même qui établissent ces vérités, prouvent aussi que l’effort, ou la vertu motrice, chose métaphysique, est égale pour des mouvements inégaux. D’abord il est plus digne de la souveraine facilité d’exécution qui est dans le Tout-Puissant, qu’il ait créé une matière qui fût à la fois puissance d’extension et mouvement, que de créer purement par une double