Ouvrir le menu principal

Page:Michelet - Œuvres complètes Vico.djvu/24

Cette page a été validée par deux contributeurs.

[1]

infiniment supérieure pour la clarté. Néanmoins c’est dans celles de 1730 et de 1744 que l’on a toujours cherché de préférence le génie de Vico. Il y débute par des axiomes, en déduit toutes les idées particulières et s’efforce de suivre une méthode géométrique que le sujet ne comporte pas toujours. Malgré l’obscurité qui en résulte, malgré l’emploi continuel d’une terminologie bizarre que l’auteur néglige souvent d’expliquer, il y a dans l’ensemble du système, présenté de cette manière, une grandeur imposante et une sombre poésie qui fait penser à celle de Dante. Nous avons traduit en l’abrégeant l’édition de 1744 ; mais, dans l’exposé du système que l’on va lire, nous nous sommes souvent rapproché de la méthode que l’auteur avait suivie dans la première, et qui nous a paru convenir davantage à un public français.

Dans cette variété infinie d’actions et de pensées, de mœurs et de langues que nous présente l’histoire de l’homme, nous retrouvons souvent les mêmes traits, les mêmes caractères. Les nations les plus éloignées par les temps et par les lieux suivent dans les révolutions politiques, dans celles du langage, une marche

  1. bornées et stupides des premiers hommes qui fondèrent l’humanité païenne, tandis que j’aurais dû suivre une marche toute contraire. De là les erreurs où je suis tombé dans certaines matières… — Dans la première édition de la Science nouvelle j’errais, sinon dans la matière, au moins dans l’ordre que je suivais. Je traitais des principes des idées, en les séparant des principes des langues, qui sont naturellement unis entre eux. Je parlais de la méthode propre à la Science nouvelle, en la séparant des principes des idées et des principes des langues. » (Additions à une préface de la Science nouvelle, publiées avec d’autres pièces inédites de Vico, par M. Antonio Giordano, 1818.) Ajoutons à cette critique que, dans la première édition, il conçoit pour l’humanité l’espoir d’une perfection stationnaire. Cette idée, que tant d’autres philosophes devaient reproduire, ne reparaît plus dans les éditions suivantes.