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Page:Michelet - Œuvres complètes Vico.djvu/235

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CHAPITRE II


Des genres ou des idées.


Lorsque les Latins disent genus, ils entendent forme ; lorsqu’ils disent species, ils y attachent deux sens, celui d’individu, comme dit l’École, et celui d’apparence, apparenza. Quant aux genres, tous les philosophes pensent qu’ils sont infinis. Les anciens philosophes de l’Italie ont nécessairement dû croire que les genres sont des formes infinies, non pas en grandeur, mais en perfection, et que, comme infinis, ils ne résident qu’en Dieu ; mais que les espèces, ou choses particulières, sont des images de ces formes. Et si pour l’ancienne philosophie italique le vrai était la même chose que le fait, les genres ne devaient pas être pour elle les universaux de l’École, mais les formes mêmes. J’entends les formes métaphysiques, qui diffèrent autant des formes physiques que les formes plastiques diffèrent des formes séminales. La forme plastique, tandis qu’on forme quelque chose à son image, reste la même, et est toujours plus parfaite que ce qui est formé ; mais la forme séminale, en se développant chaque jour, change et se perfectionne ; en sorte que les formes physiques et séminales sont formées sur les formes métaphysiques et plastiques.

Qu’on doive considérer les genres comme infinis, non pas en étendue, mais en perfection, c’est ce qui ressort de la comparaison de ces deux sortes de genres. La géométrie, que l’on enseigne par une méthode