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Page:Michelet - Œuvres complètes Vico.djvu/211

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dont je combats aussi les doctrines et les principes ?… Je comprends. Selden ne lui semble pas philosophe, parce que d’après le saint livre de la Genèse il suppose une Providence. Pour lui, Cicéron non plus ne sera pas philosophe, puisqu’il déclare qu’il ne peut parler sur les Lois avec Atticus, si celui-ci ne lui accorde que le sens commun persuade au genre humain que tout nous est dispensé avec justice par la Providence. Que Grotius voie, après un tel aveu de Cicéron, si son système peut subsister indépendamment de toute connaissance de la divinité ! Que les savants interprètes du droit romain voient s’ils ont raison d’appeler malgré elles les sectes stoïcienne et épicurienne à la jurisprudence romaine, lorsque cette jurisprudence définit le droit naturel des gens : le droit établi par la Providence divine.

« Comment ose-t-il donc déclarer une guerre impie à la Providence, en refusant de compter parmi les philosophes et Cicéron qui veut qu’on la considère d’après le sentiment unanime des nations comme un Dieu qui voit toutes les choses humaines, et Platon qui arrive par la raison à la définir l’ordre intelligent et libre de la nature. »

Vico termine cette violente réponse par les paroles suivantes, qui en expliquent l’amertume :

« Sache, lecteur impartial, que je languissais dans une étuve, atteint d’une maladie mortelle et rapide, et sous le coup d’un remède dangereux qui peut produire l’apoplexie chez les vieillards, lorsque j’ai écrit cet opuscule ; sache de plus que depuis près de vingt ans j’avais dit adieu à tous les livres pour travailler selon mes faibles movens à la science du droit naturel des